Vaudreuil-Dorion
Vaudreuil-Soulanges vue par sa nature
Je me promène d’un câble électrique à un autre. Dans la rue, les passants m’observent avec intérêt, leurs yeux braqués sur moi. Je ne prête pas attention à leurs regards, mais plutôt aux paysages qui se dressent devant moi. Autant l’hiver enneigé que l’été ensoleillé, l’automne qui perd ses couleurs et le printemps, qui lui, regagne ses impressionnantes couleurs. J’observe depuis le ciel les piétons discuter. Et depuis le sol, je vois les nuages aussi uniques les uns que les autres. Mes oreilles entendent des enfants crier, des personnes converser, la pluie torrentielle. Mais aussi le plus petit des sons, comme le battement d’ailes d’un papillon. L’odeur envoûtante des tournesols m’attire, mais aussi celle des plats appétissants, qui depuis la fenêtre entrouverte sentent jusqu’au parc Harwood.
Tout à coup, un bruit sourd me sort de ma transe. Plus aucune lumière dans les rues, si bondées il y peu, mais à présent plongées dans le noir. Soudain, une lumière bleue passe dans le ciel et repart aussi vite, un éclair ! Éffrayée, je fonce vers la cachette la plus proche, une maison. Par la fenêtre, j’entrevois une cheminée en brique d’un rouge vif chaleureux. Une famille est assise devant le feu. Encore chamboulée par la lumière vive que je viens de voir, je m’accote contre le dessus d’une armoire et je m’assoupis. Je ne sais pas combien de temps j’ai dormi, mais un cri aigu m’a sortie de mon état second. Un enfant m’a vue. OH NON ! Tout le monde s’affole. Surprise de leurs réactions, je fonce sur les rideaux. Le père me fonce dessus un balai à la main. Il l’agite dans tous les sens. Je reçois un bon coup… qui sur le coup… m’assomme. De retour à moi, une lumière braquée sur moi, ma queue touffue accrochée par une corde attachée au toit. Ils m’analysent comme une créature étrange. Ils m’épient une bonne vingtaine de minutes. Quand elle eut fini de m’observer, la famille fit un geste qui me surprit. Ils me tendirent une main pleine à craquer d’amandes. Après avoir fini mon plat, la maisonnée s’éloigna et se concerta. Ils revinrent vers moi et me parlèrent comme si je pouvais déchiffrer leur charabia. Leur blabla fini, ils me jetèrent dehors dans le froid glacial d’Harwood sans aucun remord. Quelle audace !!!
Mon aventure de ce soir m’a beaucoup plu… malgré les coups et les traumatismes nombreux que j’ai connus.

