Vincent Boily (12-18 ans)

L’Île-Perrot

Lueur de Renouveau

Je me souviens d’une triste soirée d’été. Seul, je sombrais tranquillement dans le désespoir et me laissais péniblement choir dans la douleur. Ma vie était à l’image de mon fauteuil : masse glauque épousant la forme de mes torts et de mes erreurs. Vivre de cette façon n’était plus une option. Il me fallait faire jaillir la beauté dans cette vie qui avait le bonheur en extinction.

Tentant de laisser derrière moi mon malheur, je franchis le seuil de ma demeure, chose que je n’avais pas faite depuis des semaines. Je me mis à marcher sans itinéraire ni destination. Ce chemin devait bien mener quelque part, ou nulle part, je l’ignorais. Pourtant, je marchais à vive allure, comme si j’étais pressé d’arriver, comme si quelqu’un ou quelque chose m’attendait. Dans ce monde où le temps semblait me fuir sans cesse, voilà ce à quoi je rêvais : que l’on daigne simplement m’attendre. Dans ce long chemin de la vie qui me laissait toujours un pas en arrière, je languissais d’une âme patiente que ma lenteur eut ravie.

Alors que la nuit s’installait et que la lune invisible laissait filtrer timidement sa lumière, je m’installai sur un quai, où le doux souffle du vent me caressait avec une telle délicatesse qu’il sublimait ma tristesse. La vue splendide ne pouvait que m’apaiser : d’un côté, la majestueuse silhouette de l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal et de l’autre, un flot calme et apaisant.

Tandis que je la regardais, l’eau prit soudainement feu et refléta ce qui n’était qu’une lueur timide au départ, puis qui se transforma en un concert de lumières. Je fus témoin d’une symphonie grandiose dans laquelle tourbillonnaient le vert, le rouge et le violet. Le ciel, jusque-là assombri par les nuages, me révéla ce qu’il peaufinait en secret : des aurores boréales qui n’attendaient que moi pour entamer leur valse céleste.

Ce rêve que j’avais n’était pas une chimère. L’aurore, se préparant lentement à éclore, m’avait attendu patiemment avant de se dévoiler. Rien ne pouvait me rendre plus heureux que d’être le seul à qui l’univers eut révélé ses mystères…