Taisia Efimova (12-18 ans)

Vaudreuil-Dorion

Le garçon égaré

Beaucoup de personnes connaissent la ville de Vaudreuil, mais peu connaissent le village d’autrefois.  Et peu encore connaissent les légendes de ce village… Comme les légendes des enfants-animaux, punis par les esprits de la forêt et maudits à errer les bois. Alors, voici en une; la légende du garçon égaré.

Edouard Boisvert vivait avec ses grands-parents, ses parents étant morts quelque temps après sa naissance. Il était un garçon espiègle et sûr de soi, n’écoutant que rarement ses aïeux. Le gosse jugeait que leurs dires et conseils désuets ne le concernaient pas, il était un garçon du Nouveau Monde, après tout. Alors quand ceux-ci l’incitaient à ne pas aller dans la forêt en pleine nuit avec ses amis, il n’écoutait pas. Comment l’arrêteraient-ils de toute façon?

Ainsi et par simple habitude, Edouard se faufila dehors en pleine nuit avec ses amis, prenant leurs vélos et pédalant dans la petite forêt. Il faisait trois heures du matin quand ils se sont installés autour d’un petit feu, et quatre heures du matin quand il a commencé à pleuvoir. Sans lampes et sans feu, ils décidèrent de revenir à leurs domiciles. Mais, dans quelle direction aller? Ils se sont aventurés plus loin que d’habitude, et chaque arbre ressemblait au dernier. Ils marchèrent longtemps, jusqu’à ce que leurs jambes ne traînent de douleur et qu’ils ne commencent à entendre des bruits. Ils écoutèrent et saisirent des hurlements, des gémissements et des grondements de loups.

En ce moment précis, chaque garçon oublia toutes ses amitiés, prit ses jambes à son cou et partit dans une direction quelconque. C’était courir ou mourir, et Edouard prit sa décision très vite en fonçant entre les arbres. Il ne savait pas où il courait, la pluie demeurait trop forte pour lui permettre de voir. Aveuglé, Edouard trébucha sur une racine, tomba dans une grosse flaque d’eau et perdit connaissance.

Le garçon se réveilla avec une tête très lourde et regarda le soleil jaune dans le ciel bleu. Il tourna sa tête avec difficulté et se redressa sur ses pieds, la forêt l’entourait de tous ses côtés et se dressa à l’infini. Enfin, Edouard regarda dans la flaque, et constata dans sa réflexion de longs et lourds bois de cerf sur sa tête, un nez de cerf et des oreilles de cerf. Ahuri, il retomba par terre et hurla. Mais en vain, il était désormais un des enfants maudits par la forêt.