Vaudreuil-Dorion
L’arbre rabougri…
Les plus belles choses
arrivent souvent par hasard
Comment suis-je arrivé ici ?
Ça je ne le saurai jamais.
Parmi tous les fruits
De ma mère fleurie
Amené par un vent béni
Ainsi un beau jour me voici.
Dans un Pays français
Aux accents aiguës et graves
«Sometimes English »
Graves, « if you don’t wish ».
Vivre au bord d’une rivière
Qui coule ou roucoule
Tellement mieux qu’au désert
Ou… derrière une verrière.
Début difficile!
Je ne l’ai pas eu facile
Mais comme je suis fait fort,
Pas d’apitoiement sur mon sort.
Libre, point attaché
Aucun tuteur
Rien pour me redresser
Je saurai m’adapter.
Ni droit comme un chêne
Ou un sapin baumier
Je serai croche !
Je dois l’accepter…
Je serai un arbre rabougri
Absolument pas aigri
Ainsi va la vie
Ainsi ira ma vie.
Au bord de l’Outaouais
Mon paradis
Entouré d’amis
Plongeurs et ailés.
Soleil couchant
Poissons volants
Soleil levant
Canards chantants.
Pêcheurs à la ligne
Aux lancés maladroits
Me voilà prisonnier
De cordes brisées.
La nuit venue
Je suis seul ici
Veilleur de nuit
De mon paradis.
Mon espace est petit…
C’est très bien ainsi !
De nature solitaire
Cet endroit su me plaire.
Ici je suis bien
À côté du Parc Sabourin
Pour me voir
Allez tout près du bord.
En été … trop ombragé
Vous aurez beau regarder
Les yeux écarquillés
Jamais vous me verrez.
En hiver c’est dégagé
Attention à déraper
Vers le bas, bien regarder…
Vous ne pouvez pas me manquer!
Haut comme trois pommes
Et beau bonhomme
Je pousse croche…
Mais ne suis pas moche!
Sur une étroite bande de terre
Je grandis au bord de la rivière.
Je pousse comme je peux,
Je pousse comme je veux.
Les pieds glacés en l’hiver,
Inondé au dégel printanier,
Brûlé par les soleils d’été,
Je tiens bon malgré le temps.
Je suis l’arbre rabougri,
Tordu, mais enraciné.
Je suis celui qu’on oublie…
Je suis liberté!

