Vaudreuil-Dorion
LES MYSTÈRES DE VAUDREUIL-SOULANGES
présentent
JOSEPH BISSONNETTE, QUÊTEUX
Il était une fois dans Rigaud, Saint-Lazare et Vaudreuil un homme que l’on appelait le quêteux du village. Un jour, à Rigaud, se présente un amuseur public accompagné d’un ours. Sur un signe ou un mot de son maître, l’ours monte dans un poteau ou un arbre situé près du trottoir. Cela attirait de grandes foules au village et se pratiquait toujours devant le magasin général bien connu. À la suite de quelques prouesses dans un poteau ou sur la terre ferme, l’ours dressé dansait avec son maître. Joseph Bissonnette, témoin oculaire d’une de ces démonstrations, avait eu beaucoup de plaisir et avait ri à gorge déployée. Il se tordait les côtes en criant : « L’homme est fou ; il prend l’ours pour sa femme. »
À Vaudreuil, chemin de la Petite-Rivière, à la porte d’une résidence, l’hôtesse refusa une aumône. Jo’ Biss se retourna en levant son bras et en menaçant la dame du doigt : « Un jour, tu crèveras de faim! » Une croyance suggère que le quêteux jette un sort lors d’un refus d’offrir une aumône. Pour lever le sort, on faisait bouillir de l’eau et on y mettait des clous ou des épingles. Le jeteux de sort ressentait immédiatement des brûlures et des piqûres si vives qu’il revenait supplier sa victime de retirer la marmite du feu. Il suffisait d’exiger qu’il enlevât son sort avant d’obtempérer à ses demandes.
Sur la côte Saint-Louis à Saint-Lazare, notre personnage se présente chez l’habitant assuré d’y trouver un gîte pour la nuit. Au matin, tout près de l’école de rang, Bissonnette s’aperçoit qu’un groupe de jeunes voyous avait renversé sa charrette et son contenu dans le fossé. Loin d’être intimidé, il saisit son fouet, se montrant fermement décidé à défendre ses maigres possessions en les poursuivant.
Vrai comme vous êtes là, l’itinéraire de Joseph Bissonnette s’est arrêté ce jour où il s’est endormi sous sa charrette pour prendre son sommeil perpétuel délaissant définitivement le rivage de nos âmes.

