Terrasse-Vaudreuil
En quête d’aventure, je suis partie de la ville de Québec pour venir habiter dans la région de Montréal. Je voulais me rapprocher de la métropole et ses multiples distractions, tout en voulant vivre dans un endroit paisible, loin du tohu-bohu du centre-ville. Mon choix s’est arrêté sur la banlieue ouest, dans une petite municipalité du nom de Terrasse-Vaudreuil. Une petite municipalité au nom poétique d’environ 2,500 habitants, d’une tranquillité étonnante… blottie entre l’autoroute 20 et le lac des Deux-Montagnes. Une petite municipalité sans histoire, ou du moins c’est ce que je croyais.
Par une belle soirée d’été, je décidai d’aller marcher et de prendre une pause à la plage locale. Petite, tranquille, il ne fut pas long pour moi de me perdre dans mes pensées, au son des clapotis de l’eau qui frappe doucement le sable. Mais très bientôt je distinguai un mouvement du coin de l’œil. Un oiseau peut-être? Mais en sortant de ma torpeur, j’ai regardé plus attentivement et ai discerné une silhouette vaporeuse dans la distance. Cette silhouette portait des vêtements d’ouvrier, on aurait dit qu’il quittait l’usine où il travaillait et retournait à la maison… ce qui m’a surpris car la région n’avait pas l’air d’accueillir beaucoup de grosses entreprises, à part Polymos, à l’autre bout de la municipalité…
Ma curiosité ayant été piquée, je me suis mise à parcourir les documents historiques et les archives à propos de cette zone. J’ai découvert qu’une usine de munitions avait déjà pris place dans ce secteur au début des années 1900, et que celle-ci avait explosé en février 1908. Est-ce que mon ami fantôme est décédé durant cette explosion, sans savoir qu’il est décédé et retourne tous les soirs à sa dulcinée qui l’attend à la maison, le cœur battant?
Et comme un rendez-vous quotidien, je retourne à la plage régulièrement et je revois cette silhouette au loin, comme un vieux disque qui rejoue la même mélodie encore et encore…

