Maxime Roy (19 ans +)

Vaudreuil-Dorion

Le Manoir de l’Éveil

Majestueusement perché sur une colline, le Manoir de l’éveil se dressait, empreint de mystère. À Vaudreuil-Dorion, des histoires circulaient sur ses anciens occupants, figures emblématiques du changement au Québec. Depuis des années, peu osaient s’y aventurer, car il était en ruines. Katia, défiant la majorité, succomba à la tentation, fascinée par ces légendes.

Une nuit d’automne, armée d’une lampe torche et de son courage, elle franchit le portail grinçant de ce lieu historique. L’air était lourd de souvenirs, comme si le manoir

lui-même respirait une histoire oubliée. Les murs, tapissés de portraits anciens, illustraient des visages semblant observer les moindres gestes de l’intruse. Un frisson la parcourut, mais la curiosité l’emporta sur l’inquiétude.

Dans le grand hall, une bibliothèque volumineuse l’attira. Son regard s’arrêta sur un livre poussiéreux : « La mémoire de l’eau ». En l’ouvrant, un bruit de pas se fit entendre derrière elle. Elle sursauta et se retourna lentement, l’esprit hagard. C’était comme si le temps s’était soudainement figé. La silhouette éthérée d’un homme se tenait tout près.

Il s’approcha, un sourire apaisant sur les lèvres : « Tu n’as rien à craindre. Je suis Gérald, l’auteur de cette œuvre. » Étonnée et curieuse à la fois, Katia se présenta et lui demanda pourquoi il demeurait à cet endroit.

« Même après ma mort, j’ai décidé de veiller sur l’évolution de notre société. Le concept d’identité, qu’elle soit individuelle ou collective, a toujours su me fascine. » Ses mots résonnaient comme une promesse perçant le passé et éclairant l’avenir.

Émue, Katia lui exprima sa gratitude et s’engagea à revenir tous les mois pour discuter de ses propres progrès identitaires avec lui. Alors que les premières lueurs du jour commençaient à inonder la pièce, elle conclut : « Je dois y aller, mais ce fut un plaisir, Monsieur… »

« Godin », murmura-t-il.

« Je me souviens », songea Katia, tandis qu’elle quittait le manoir, ramenant à son esprit l’écrivain inspirant qu’elle avait étudié dans un projet littéraire au cégep.