Martine Bourbonnais (19 ans +)

Vaudreuil-Dorion

La silhouette lumineuse du Musée

Ce qui suit est une histoire véritable. Je n’ai rien inventé. Je sais que je devais écrire un texte fictif, mais je voulais partager avec vous cette histoire, que j’ai vécue il y a plus de vingt ans.

Je travaillais au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges à cette époque. J’avais souvent entendu mes collègues parler d’histoires affirmant que le musée était hanté. Évidemment, je n’y croyais pas un mot, jusqu’à ce que je la voie, elle, cette silhouette lumineuse dans la nuit.

Je venais de finir mon quart de travail de soir et je suis allée fermer les lumières de chaque étage du musée. Le troisième étage, fermées. Le deuxième, fermées aussi. C’est là que je l’ai vue apparaître dans mon champ de vision, alors que je descendais l’escalier pour retourner au rez-de-chaussée et y éteindre les dernières lumières. Je l’ai vue, cette silhouette lumineuse dans la nuit, au sommet de l’escalier. Aucune lumière n’était allumée en haut.

Un frisson a parcouru mon corps, mais je suis restée sur place pour mieux la voir. C’était la silhouette, faite de lumière blanche, d’une femme sans âge. Dans cette lumière, je pouvais distinguer la forme de son corps et de son visage, ses lèvres, son nez, ses yeux et ses cheveux. Je voulais remonter l’escalier pour la voir de plus près et j’ai vu ses yeux se tourner vers moi. Elle me regardait droit dans les yeux. Un autre frisson a parcouru mon corps, un frisson encore plus grand que le premier, celui que l’on ressent quand l’on est confronté à la mort.

J’ai dévalé l’escalier, verrouillé la porte principale et éteint les dernières lumières allumées. J’ai pris mon sac et je suis partie à toute vitesse rejoindre mon père, qui était bénévole au Centre d’histoire.

Je suis entrée, paniquée, dans la pièce. Tout le monde était calme, le nez dans son livre. J’ai regardé l’heure et je me suis aperçue que j’avais fermé le Musée une heure trop tôt.

J’étais une bonne employée, mais je n’ai pas osé retourner à mon poste, où cette silhouette lumineuse m’attendait peut-être, dans la nuit, au sommet de l’escalier du Musée.