Marie Morin (19 ans +)

Saint-Lazare

Les fantômes de Saint-Lazare

Dans la nuit du 8 janvier 1875 les citoyens du village de Saint-Lazare se réveillent aux cris d’une jument décédée en accouchant de sa pouliche.  C’était la jument adorée du curé Rodrigue de Chevrier. Il nomme la pouliche Angélique. Rodrigue demande aux ouvriers de faire un trou pour enterrer sa jument près de l’étable afin qu’Angélique puisse ressentir l’âme de sa mère pendant sa croissance, une action tout à fait à l’encontre de l’archevêque Bédard. « Rodrigue, votre geste invoquera les mauvais esprits qui viendront nous hanter » dit l’archevêque Bédard. Mais hélas, les ouvriers font ce que le curé demande par peur de perdre leur droit à la terre.

Il faisait un froid intense avec une pleine lune et un ciel clair, sans vent ni humidité. Une nuit hivernale qui exigeait de garder les poêles à bois plein. Les citoyens aux quatre coins de Saint-Lazare regardent au loin les lanternes voyant le trou se creuser par peine et misère dans un sol gelé. Les rumeurs ruminent. Le lendemain matin, lors de la messe, tous les membres chuchotent, se posent la question « mais que s’est-il passé cette nuit ». Le curé ignore, fatigué et incapable de livrer le sermon, l’archevêque Bédard prend l’autel.

Le lendemain, les ouvriers racontent leur histoire à la taverne. Outrés, les hommes du village demandent l’expulsion du curé Rodrigue de Chevrier. L’archevêque renvoie le curé à Saint-Télésphore et reçoit le curé Ménard du village de Les Cèdres. Les résidents calmés et une pouliche Angélique sans gardien. Plusieurs mois plus tard, la pouliche devient indomptable et ne peut s’entendre avec aucun autre cheval du comté, elle se sauve dans la forêt et n’y revient plus.

Depuis, chaque 8 janvier, les membres des familles souches de Saint-Lazare reçoivent la visite d’une jument avec une pouliche qui fait hurler leurs animaux de ferme. Personne ne les voit mais les animaux réagissent avec peur. Et plus hantant sont les 8 janvier de pleine lune au ciel clair, car nous pouvons y entendre leur gémissement. Elles ont été baptisées Les fantômes de Saint-Lazare.