Marie Largenmuller et Joshua Presles (Collectif) 1er prix

Saint-Lazare

Je fus un arbre

Je suis un arbre

Un arbre brun en hiver, vert au printemps.
Un végétal vieux, usé par la vie, le poids des années et du temps. Je suis un arbre du passé.
Un arbre qui a tout connu, tout vu, tout entendu, sans que jamais vous ne le sachiez.

Celui qui m’a donné la vie, il y a de cela un centenaire,
N’aurait jamais parié que je tienne plus qu’un hiver.
Dans l’unique but de se réchauffer,
C’est une longue vie qu’il m’a accordée.

Une vie entourée de racines, d’images et de bruit.
Une existence passive et contemplative même au milieu de la nuit,
À observer cette cohue d’adultes en devenir.
Des musiciens en herbe, des athlètes n’attendant que de grandir.

J’ai vécu la création d’une ville, l’émergence de la population,
La construction d’une école accueillant tous les ans,
D’innombrables cohortes d’étudiants.
J’ai ainsi vu passer multitudes de générations.

Malheureusement, de longues années ont passé
Et la force de l’âge se fait sentir.
Les passants m’ont délaissé,
De ce monde, il est temps de partir.

Depuis bien trop longtemps, on ne prend plus le temps de m’apprécier. Par un projet bien plus grand, beaucoup plus utile,
On menace de me remplacer sans pitié,
Et moi je ne peux m’empêcher de penser que ces humains sont bien trop vils.

Tu es un arbre 

Moi, simple étudiant de passage,
Je te vois tous les jours,
Et chaque fois je vois un être sage.
Je veux te garder près de moi pour toujours.

Malheureusement, c’est sans compter sur les hauts placés,
De notre cruelle société.
Ne sachant reconnaitre les miracles de la vie,
Ils ne pensent qu’à leurs profits.

Peinture, poésie, récits et musique,
Chaque matin, ton destin est le mien.
Dans le domaine de l’art, chaque jour j’aime recréer,
Avec une guitare, un carnet, ce que d’autres veulent éradiquer.

C’est dans ces tristes circonstances,
Que tu es ma source d’inspiration.
Et c’est avec indignation,
Que j’assiste, impuissant, à ta souffrance.

En cette morne matinée,
Les hommes ont eu raison de toi.
Succombé sous les poisons de l’humanité.
Je ne peux retenir mon émoi.

Moi, Félix Leclerc, résident de Vaudreuil,
J’écrirai en ton honneur des chansons.
Après mon deuil,
Pour te demander pardon.

« Tu peux pleurer
près du ruisseau Tu
peux briser tout mon
amour, Oublie l’été,
oublie le jour, Oublie
mon nom…et le bouleau. »