Marie Bussières (17 ans et +)

Notre-Dame-de-l’Île-Perrot

L’arbre à souhaits de la Pointe-du-Moulin

L’air frais qui embrasse mes branches
Quelque part au loin, le bruit des vagues qui s’écrasent lentement sur les rochers
Les murmures de la forêt, de mes frères
Ici, ce sont les éléments qui dictent les hommes
Le vent se lève et ils s’activent
Ils alignent les ailes de leur structure pour capter le souffle des lieux
Le moulin prend vie
Le blé s’écrase entre deux grandes meules pour subvenir aux habitants
Le sol est nourricier
Je m’enracine un peu plus fort

Les siècles passent
Je vieillis et deviens le gardien du domaine
Mon tronc sert d’appui aux passants
On me visite régulièrement
Des mains caressent mon écorce pour y déposer leurs rêves
Hommes, femmes et enfants foulent mon sol
Là où le rythme ralentit
Là où la respiration s’approfondit
J’observe leur relâchement et je frémis
Il faut répondre avec douceur

J’abrite des oiseaux et des rongeurs
Qui se cajolent entre mes branches
Comme moi, le moulin est toujours debout
Nous grandissons ensemble dans les esprits du peuple
Ici, le temps devient un concept abstrait
Meuniers et touristes se côtoient
Les époques fusent et l’harmonie se déploie
Des artistes viennent peindre le coucher de soleil
Des photographes immortalisent le monde animal
Des visiteurs me laissent leurs souhaits
Avant d’entrer dans l’âme du moulin

Le mélange animal, marin, végétal et humain
Dans une tentative de réconciliation
Protéger la nature et elle vous protégera en retour
Voyez la force guérisseuse de mes lieux qui vous accueillent
Le respect mutuel qui s’établit
Il faut saluer l’échange avec chaleur
Merci, poissons, de faire vivre mon fleuve
Merci, plantes, d’enrichir mon sol
Merci, passants, de chérir mon domaine
J’ai un corps de bois et un cœur d’écorce
Mes racines s’enfoncent et les saisons passent
Le vent et les vagues me stabilisent calmement
Je vivrai encore des siècles