Maïka Gosselin (12-18 ans)

Notre-Dame-de-l’Île-Perrot

SORTIE DE L’ENFER

-Allez Oskénoton, nous sommes assez grands pour entendre la légende de l’abominable onyxon brûleur!

-C’est une histoire terrifiante les enfants, répondis-je.

-S’il te plaît! Nous sommes des Mohawks, nous n’avons peur de rien!

-Bon d’accord, je vous la raconte, mais si vous faites des cauchemars ensuite, ce sera votre faute et non la mienne.

Il y a bien longtemps de cela, rôdait près du Vieux Moulin, une créature très vilaine qui prenait plaisir à tout détruire sur son chemin. On lui a donné bien des noms à travers les années, mais le plus populaire est celui de l’onyxon brûleur. Durant de nombreuses décennies, notre peuple tenta de s’en débarrasser. De braves guerriers perdirent la vie en tentant de tuer ce barbare. La bête pouvait enflammer des forêts entières, emportant la vie de centaines de Mohawks et autres habitants de la forêt. Même l’ours vaillant était terrifié par ce monstre. L’onyxon brûleur se mettait en boule et les piquants d’onyx, une pierre précieuse bien solide, prenaient feu sur son dos. En roulant, la terreur faisait brûler tout ce qui était sur son passage. Ni flèches, ni harpons ne parvenaient à transpercer son cuir épais.

 L’onyxon était contre toute attente un herbivore, mais par pure cruauté, il éliminait toute chose qui perturbait sa routine. Soit il transperçait ses victimes de ses lourdes et solides épines, soit il les brûlait vivantes. Cette chose nourrissait une telle haine envers tout être vivant que plusieurs Mohawks pensaient que c’était le diable en personne. Ce diable a versé des océans de sang et fait pleurer bien des familles. Mais le pire dans tout ça, c’est que rien ni personne ne pouvait l’arrêter.

Nous n’avons jamais su ce qui a causé la disparition du tueur, mais certaines rumeurs courent à ce sujet. Certains le croient noyé dans le lac Saint-Louis, d’autres encore espèrent que la bête se soit empoisonnée avec une plante toxique. Personne n’a jamais retrouvé son corps. Cette incertitude est encore plus accablante avec les évènements du dernier mois. En effet, une fillette de Terrasse-Vaudreuil a trouvé des empreintes géantes, semblables à celles dessinées par nos ancêtres sur la plage de ce secteur. Sans compter les maisons qui ont pris feu sur la 187e avenue à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot.

Il serait plutôt étonnant qu’il soit toujours en vie, mais par précaution, mamie Oskénonton ira voir Guy Pilon, le maire de Vaudreuil-Soulanges, pour le mettre en garde. J’ai un conseil à vous donner : « Mes petits, soyez prudents et surtout, ne partez aucun feu. Le feu attire la bête! »