Saint-Lazare
L’aventure des tortues peintes du marais
Moi, c’est Aymerick la tortue. Je vis au marais avec mes parents Benoît et Jasmine et mes deux petites sœurs Julia et Aviva. Ce jour-là, en me réveillant de ma sieste, ma mère m’annonça que nous allions chercher des insectes pour le festin annuel d’août. Nous quittâmes donc nos souches pour cette expédition en famille.
Alors que nous approchions de la zone de la forêt débordante d’insectes, Julia poussa un cri comme elle seule sait le faire. Je compris quelque secondes plus tard la raison de cette réaction : un blaireau terriblement imposant se tenait à plusieurs mètres de nous. La peur me prit au ventre et j’ai eu une très forte envie de prendre mes jambes à mon cou.
Ma mère nous tira d’un coup sec derrière un grand chêne. Je pouvais voir la peur dans ses yeux et ceux de mon père : c’est un prédateur de cette espèce qui avait emporté mon grand-père. Malgré les larmes qui embuait sa vision, ma mère ramassa des feuilles mortes et couvrit nos carapaces grâce à elles. Cependant, alors que nous essayions de passer discrètement à côté du blaireau, il nous repéra et lâcha un long soupir, ce qui fit virevolter les feuilles. Nous prîmes la fuite pour retourner dans notre cachette.
Nous commencions à perdre espoir lorsque Émis, le porc-épic voyageur, arriva pour nous proposer de lui prendre une épine. Celle-ci devait servir à attaquer le prédateur. Mon père fit une tentative qui ne fonctionna pas comme prévu. Au lieu d’atteindre le blaireau quand il la lança, elle retomba au sol juste devant sa patte. Il se dépêcha de regagner notre cachette, quelque peu honteux.
Quelques heures plus tard, lorsque le soleil commençait à se coucher, on entendit un ronflement qui fit trembler le sol. Je tentai un regard vers le mammifère. À ma surprise, il dormait paisiblement. J’en informai ma famille et, en quelques instants, nous étions en marche vers le paradis des insectes. Mes parents nous avaient donné l’ordre de marcher très lentement pour éviter de réveiller le blaireau. Mon cœur battait fort et je craignais que le prédateur puisse l’entendre. Nous réussîmes tout de même à récupérer assez d’insectes pour toutes les tortues.
Le soir, ce fut le meilleur festin jamais organisé. La nourriture était abondante et les tortues dansaient. J’ai même eu le privilège de partager un insecte avec la belle Davika.

