Madissa Désaulniers (16 ans et -)

Île-Perrot

Là où le ciel nous porte

Je me tire des bras de Morphée grâce aux gazouillements de mes congénères. Le son de mélodies qui ne me sont guère étrangères. La rosée, qui semble étinceler sous les chaleureux rayons de soleil, en finissent de me tirer de la vague somnolence qui suit mes réveils.

Le ventre léger comme un nid vide, je m’empresse de me nourrir de ces baies charnues et timides qui poussent sous la présence maternelle de ces petites ombrelles vertes. Le ventre rempli comme un œuf sur le point d’éclore, je me rends alerte pour le départ. Puis, mes semblables se positionnent pour un autre vol dans le souffle du ciel.

Et enfin, dans une marée d’ailes, on s’arrache au monde comme une poignée de plumes confiées au vent et fidèles à son appel. On survole les nombreuses forêts qui étaient encore présentes au temps des aïeux de mes aïeux et dont les arbres dressent leurs silhouettes vers les cieux comme une armée immobile, loyale gardienne de ses habitants.

Notre formation atteint les rives humides de l’île abritant des centaines d’autres occupants. On se repose sur les branches perdues de la plage, rejetées par les marées mais retenues par le rivage.
Nos corps se sont remis de notre voyage et sont à nouveau prêts pour une seconde envolée. Heureusement, l’empyrée semble nous gratifier avec un courant d’air qui nous porte à travers la rivière. Les rapides flots sous nos pattes laissent entrevoir les vagabonds des eaux, leur peau d’écailles reflétant les couleurs de l’arc-en-ciel telle une parure de diamants. L’autre côté du cours d’eau nous rencontre rapidement.

Le soleil verse lentement ses dernières lueurs pour céder sa place à la vie nocturne et sa douce froideur. Je m’enfouis dans mon nid pour garder ma chaleur et laisser mon pouls ralentir. Et la nuit, comme une messagère de songes, vient m’insuffler des rêves sur le reste du monde à découvrir.