Coteau-du-Lac
Le ciel est ma route
Je suis une oie des neiges, et deux fois par année, le ciel devient ma route. Mes ailes battent l’air froid pendant que mon vol traverse le grand paysage de Vaudreuil-Soulanges. Vu d’en haut, la terre ressemble à une mosaïque vivante. Le fleuve s’étire comme un ruban d’argent, les champs dorment sous le vent, et les forêts respirent doucement. Je reconnais ce territoire. Je l’ai survolé tant de fois que chaque courbe du fleuve me semble familière.
Quand l’automne arrive, l’air devient plus vif et mes compagnes et moi formons un long V dans le ciel. Ensemble, nous avançons au rythme du vent. Nos cris résonnent dans l’air frais, comme un appel ancien qui traverse les générations. Sous mes ailes, la nature change lentement de couleur. Les érables deviennent rouges, les champs prennent des teintes dorées et le fleuve reflète le ciel gris de novembre. Parfois, j’aperçois des humains qui lèvent la tête vers nous. Certains s’arrêtent quelques instants pour regarder notre passage. Ils ne savent peut-être pas que nous observons aussi leur monde. Je vois les rives tranquilles, les roseaux qui dansent dans le vent et les îles où l’eau murmure doucement. Je vois la brume du matin qui flotte au-dessus du fleuve et les premiers rayons du soleil qui réveillent la terre.
Pour moi, Vaudreuil-Soulanges n’est pas seulement un endroit où passer. C’est une halte, un souffle, un paysage gravé dans ma mémoire d’oiseau migrateur. Quand vient le moment de repartir, je sens déjà la distance nous appeler. Mes ailes se déploient une fois de plus et le vent nous porte vers le sud. Mais je sais qu’un jour, lorsque la neige commencera à fondre et que le printemps réveillera la terre, je reviendrai. Alors, encore une fois, mon ombre glissera sur le fleuve et les champs. Et le ciel, au-dessus de Vaudreuil-Soulanges, redeviendra ma route.

