Jeanne-Emmanuelle Jodoin (16 ans et -)

Île-Perrot

Par un doux matin d’été, tout était calme au camping Transcanadien. J’entendais juste le chant des oiseaux. Moi, Mulot, la petite bernache du Canada, me baignais tranquillement dans la rivière des Outaouais quand ma maman m’appela pour le petit déjeuner.

Je me dépêchai de rentrer, car j’avais une faim de loup. Arrivé à la table, je ne vis pas mon père et je demandai aussitôt :

  • Maman, où est papa ? Pourquoi ne mange-t-il pas avec nous ?
  • Ton père est parti faire un voyage dans le monde, mais toi, tu es trop petit et trop précieux pour partir. J’étais si triste puisque, depuis ma plus tendre enfance, je rêvais de parcourir le monde.

Je sortis et commençai à pleurer si fort qu’un papillon qui passait par là s’approcha rapidement de moi et me demanda :

  • Pourquoi pleures-tu, petit ?
  • Je voudrais savoir voler pour visiter le monde comme mon cher père, mais ma mère me l’interdit.

Le papillon surnommé Grande Perle m’offrit de me donner des cours de vol pour que je puisse aller rejoindre mon papa adoré.

  • Tu vas commencer par monter sur ce gros rocher pointu et sauter… Allez, bats des ailes !

Je sautai et m’envolai si loin que Grande Perle avait du mal à me suivre. J’étais libre. Je poussai un grand cri de joie si fort que ma mère l’entendit et sortit aussitôt.

  • Où es-tu, Mulot ? Es-tu dans l’arbre ?
  • Non, Mamounette d’amour, je vole ! Je pars visiter le monde comme papa. Youpiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
  • Comment se fait-il que tu voles ? Je ne t’ai jamais appris ! Toi aussi tu vas me quitter comme ton
    père ? Oh non ! la mère sanglota.
  • Je te promets de revenir te voir, dit Mulot. Et je m’envolai !

Pendant deux jours, j’ai survolé la région de Vaudreuil-Soulanges. Je vis des enfants qui faisaient une compétition de natation à la piscine de l’ÎIe-Perrot.

  • Go Cavip !

Je sentis l’odeur du bon pain cuit en passant au-dessus de Première Moisson.

Je picorai un épi de maïs à la ferme Labonté et entendis le son d’un violon qui sortait par la fenêtre de monsieur Peter qui torturait un de ses élèves.

Après toutes ces aventures, j’étais fatigué et affamé et je fonçai sur une mouette. Je tombai sur le toit de Pastel Fleuri et je me fis dorloter par la propriétaire avant de retourner vers ma mère.