Janie Séguin (19 ans +)

Sainte-Marthe

Le secret du chemin de fer condamné

C’est au début de l’été que j’ai rencontré mes deux amies, Syria et Anna, à l’arrêt d’autobus en quittant l’après-bal du secondaire de la Cité-des-Jeunes. Nous avons tout de suite ri en réalisant que la soirée n’était pas du tout notre genre alors que nous attendions ce moment depuis notre première année de secondaire. Sur le chemin du retour vers Rigaud, nous avons décidé d’aller prendre une crème molle à la crèmerie du village pour bien finir la soirée. Depuis cette fameuse nuit, nous sommes inséparables.

Quelques mois plus tard, juste avant la rentrée scolaire, nous passions une soirée comme les autres. Fidèles à notre habitude, nous nous promenions, un cornet à la main. Les filles m’ont rappelé que leur couvre-feu au camp où elles résidaient pour l’été approchait. Elles sont donc parties en coup de vent, me promettant de nous retrouver le lendemain. Je venais tout juste de traverser à pied le chemin de fer pour rentrer chez moi, comme tous les jours, quand, à toute vitesse, quelque chose est passé derrière moi. J’ai à peine eu le temps de me retourner pour apercevoir un train lumineux qui continuait son chemin au loin.

Depuis une semaine, mes parents refusaient de me croire, répétant sans cesse que c’était impossible, puisque ce chemin de fer avait été condamné depuis des années. J’étais en classe, mais je ne cessais de penser à cette soirée marquante où le train avait failli me prendre la vie. J’en avais assez.

Ce soir-là, j’ai donc décidé de me renseigner directement à la source en contactant ma grand-mère, la plus grande potineuse de Rigaud. J’allais lui raconter ce que j’avais vu. Ma grand-mère est un véritable livre d’histoire sur deux pattes et, moi, j’étais déterminée à découvrir la raison derrière la réapparition soudaine de ce train. Je ne doute pas qu’elle saura m’expliquer pourquoi, du jour au lendemain, la ville a mystérieusement condamné ce chemin de fer.