Les Coteaux
Il fait beau, il fait chaud. Une petite brise du printemps qui se glisse entre mes branches. Salut ! Je me nomme Rosaire je suis un sapin qui regorge de douceur, d’empathie et de bonté à donner au monde entier.
Il y a quelques années, en une journée sombre un énorme orage c’est abattu sur moi ! J’ai eu si peur de me fondre en cendres et de finir dans un autre monde totalement inconnu. Mais je me suis ressaisi et je me suis concentré sur autre chose que ma souffrance émotionnelle et physique. J’ai mis mon énergie sur mon entourage. Dès que j’ai tourné mon regard en détresse vers eux, j’ai hurlé de peine ! Ils étaient tous en train de brûler ! Me sentant impuissant, pris dans ma bande de terre, je les regardais brûler : tout feu, tout flamme. Sentant un liquide couler le long de mon tronc, je me demandai si c’était la pluie battante ou mes larmes. Tout à coup, je m’aperçus que je commençais à dériver dans l’immense canal de Soulanges ! Un coup de tonnerre se rabattit sur moi et je finis dans le fond du canal ! À la vitesse de l’éclair j’ai parcouru cet énorme ruisseau sans fin. Mon tronc se cognait quelques fois sur des obstacles comme d’immenses roches tranchantes ou bien des souches de bois qui sont tombées dans le canal. C’était tellement douloureux, j’avais l’impression d’être dans un cauchemar ! Sans me rendre compte du chemin que j’avais parcouru, j’ai aperçu au loin la fin du canal et le début du lac Saint-Louis ! J’avais très peu de chance de survivre dans ce périple non volontaire ! Il fallait que je sorte de l’eau car mon bois commençait à absorber le liquide qui me faisait couler et me noyer. Le courant était si fort que je n’avais aucun contrôle sur la situation. Tout à coup, je vis une silhouette qui ressemblait drôlement à un loup. Concentré sur mes pensées je ne fis pas attention aux obstacles, c’est alors que je fonçai dans une roche massive et imposante ! N’arrivant pas à bouger je remarquai le loup de tout à l’heure ! Il me sorti de l’eau avec ses dents acérées et je touchais enfin la terre ferme ! Je remercie le mammifère de tout mon cœur. C’est grâce à lui que j’ai l’honneur de vous raconter cette histoire. Après la pluie, le beau temps comme on dit !
FIN

