Guillaume Juteau (16 ans et -)

Notre-Dame-de-l’Île-Perrot

Le Vol Ultime

La vue est plus que magnifique. En tant qu’oiseau, apercevoir l’horizon est un phénomène spectaculaire. Je me perche alors sur un arbre gigantesque, en regardant une dernière fois, le soleil splendide tandis qu’il disparait. Je m’envole en poussant un sifflement mélodieux. Comme toutes les mésanges, j’atterris sur une mangeoire poussiéreuse et je picosse quelques graines. Il faut que je retourne au nid, car le soleil est déjà couché. À la vitesse de la lumière, je m’élance dans les airs, en évitant toutes les branches fourchues sur mon passage. En moins d’une minute, je retourne à ma maison faite de brindilles sèches et de feuilles mortes. Je m’installe confortablement dans mon bol naturel et mes yeux se ferment en un instant. Soudain, un hululement se fait  entendre dans mes oreilles, ce qui me réveille en sursaut. À l’affut, je regarde autour de moi. Je ne vois rien dans les alentours obscurs. Des frissons parcourent mon corps du bec jusqu’à mes pattes griffues. Tout à coup, une ombre d’environ quarante centimètres passe juste devant moi. Qu’est-ce que c’est  Est-ce que c’est un prédateur ? D’un seul coup, je me suis retrouvé dans les serres d’une chouette hulotte. Je me suis dit que c’était sûrement ma dernière nuit sur terre. J’essaie le plus que je peux de m’évader de son emprise, mais je force pour rien. C’est trop serré. Soudain, je vois une ouverture et je saisis ma chance ! Je me glisse au travers de ses pattes raboteuses et commence à revenir vers mon bouleau sec. Par prudence, je jette un coup d’œil derrière moi pour voir si mon ennemi me poursuit. Il est juste derrière moi, donc j’accélère la cadence. Je virevolte dans tous les sens pour enfin réaliser que je l’ai semé. En revenant à ma demeure rudimentaire, les sons des cigales et des sauterelles me rendent joyeux. En m’endormant, je me dis que ma journée époustouflante était seulement un vol ultime.

FIN