Dominique Morneau (17 ans et +)

Île-Perrot

Dans la région, on me nomme affectueusement la tapissière. La raison est toute simple, j’adore les tapis. Étant donné mes talents d’acrobate, j’ai la chance, en passant d’arbre en arbre, d’admirer ce que mère nature nous offre saison après saison.

Qui peut être contre ce beau tapis de neige blanc qui recouvre le sol aux premières gelées de l’automne ? Toute la grisaille qui faisait chialer les humains disparaît comme par enchantement pour laisser place à une couche de petits flocons tous plus beaux les uns que les autres. Ceux-ci forment une grande couverture blanche et immaculée qui égaille les petits enfants. Par contre, cela me cause de petits soucis pour me trouver quelque chose à me mettre sous la dent. Heureusement, mes amis les propriétaires terriens me laissent prendre quelques graines dans une petite cabane en bois. Ce n’est pas toujours de tout repos d’escalader le grand tuyau de métal enduit d’une couche visqueuse qui tapisse cette structure. Je crois que les propriétaires m’aiment beaucoup, ils font tout pour m’aider à garder la forme !

Que dire du tapis printanier ? Ce n’est pas le plus joli, mais il est rempli d’espérance. Il est très discret dans son apparence, mais il laisse entrevoir tout son potentiel. Quoi de mieux que ces petites pousses vertes et tendres que ce tapis nous offre ? Quel délice !

Vous ai-je déjà parlé du tapis d’été ? Vert forêt au début et tout jaune quand la pluie se fait attendre. C’est l’endroit idéal pour y enfouir ma réserve de denrées hivernales.

Par-dessus tout, il y a le tapis d’automne. Toutes ces couleurs qui mettent de la joie dans mon petit cœur d’écureuil. Je peux sautiller joyeusement par-dessus, par dessous.

Mais je ne fais pas que jouer, vous savez; je travaille beaucoup. Avec l’arrivée de ce tapis multicolore vient le temps de préparer la venue du tapis blanc. Tous les petits écureuils femelles vous le diront. J’arrache quelques fibres de ce joli tapis afin d’en couvrir ma demeure et celle de mes petits que je dois garder au chaud. Ma résidence est la plus belle du quartier. Une fois terminée, je peux me tapir tout au fond avec ma progéniture pour attendre le retour du tapis blanc.

Eh oui, c’est moi la tapissière, car je sais reconnaître la beauté de ces tapis que mère nature nous offre chaque année.