Diane Proulx (17 ans et +) 2ème prix

Vaudreuil-Dorion

Je suis de roc et de forêt. Majestueuse, fière, la tête aux quatre vents, je suis cette montagne, ce point culminant au cœur de la vallée, ce repère à l’horizon dressé pour vous.

Je suis votre montagne ! Et je vous vois….

Vous ! Vivants si vivants…logeant sur mon royaume !

Je scrute tous vos gestes. De mon sommet, je vous regarde glisser, marcher et courir sur mes flancs, prier à mes pieds puis traverser villes et campagnes, rues et rangs et vivre, tout simplement…vivre !

Mes terres sont les vôtres : nourricières, accueillantes, empreintes de passé, riches d’avenir.

Mes terres sont celles des Premières Nations, des seigneuries, des hommes et des femmes de force et de foi qui, au fil du temps, ont créé notre histoire et pour se souvenir d’hier ont semé ici un phare, un musée, là des artéfacts, un moulin, une église…et combien d’autres, en devoir de mémoire.

Avec vous, le temps ne s’arrête pas. Votre volonté inépuisable nourrit votre héritage et, chaque jour, vous pousse à construire, édifier, bâtir vos refuges de demain.

Au printemps, la folie s’empare de vous ! Pendant que le chant des carouges vous réveille à la vie, des parfums d’érable et de lilas flottent sur vous et vous humez l’odeur des lieux avec délice !

Comme vous êtes beaux !

Sur des milliers d’arpents, vos mains s’activent à bêcher, sarcler, marteler un sol fertile pour y déposer semis et semences. Dans vos pâturages, des animaux dansent leur liberté trop longtemps brimée par le froid de l’hiver. Non loin de là, d’autres, comme vous, s’aventurent à jouer dans l’eau comme des gamins.

Les voiles s’ouvrent au vent, les cailloux créent des ondes brisées par le passage des canots, les poissons nourrissent l’espoir du pêcheur. Ici aucune marée ne se soulève mais des eaux calmes, parfois tumultueuses, vives balisant un chenal pour tendre vers l’autre.

Parfois sur les berges, je vous vois ancrer vos barques et scruter l’horizon, à la recherche de beauté …et vous trouvez ! Et là, je vous entends soupirer de paix.

Je vous devine heureux. Sur le banc d’un parc, vous prenez la pose pour votre voisin et sourire aux lèvres, vous êtes libres. Vous dansez, chantez avec mille accents d’ici et d’ailleurs, sans frontière, tissant vos cultures sous les rires de vos enfants.

Alors quand je vous regarde, du haut de mon sommet, je sais qu’il fait vraiment bon vivre à Vaudreuil-Soulanges !