Déborah Nakache (19 ans +)

Vaudreuil-Dorion

Les mystères de Vaudreuil-Soulanges

La légende raconte que la région de Vaudreuil-Soulanges est chargée d’histoire, une histoire bien particulière que je vais tenter de vous raconter de mon mieux. Prenez un chocolat chaud, une tisane ou un café, à votre guise… Installez-vous confortablement dans votre fauteuil préféré. Tamisez les lumières et apprêtez-vous à entendre la plus palpitante des histoires de votre mystérieuse région.

Tout commença par une belle et glaciale soirée d’hiver. Cela devait être aux alentours du 3 février 1846. Les maisons étaient chauffées au bois. Les cheminées crachaient la fumée à un rythme effréné. Sur les fenêtres, on pouvait aisément observer la condensation causée par le froid intense. Des stalactites décoraient les toits sans discrimination. Les quelques badauds qui arpentaient les rues de Vaudreuil marchaient d’un pas vif et portaient un attirail hivernal propre aux grands froids de la saison. Emmitouflés sous d’épaisses couches de vêtements, ils se hâtaient de rentrer chez eux, marchant la tête baissée et le visage encagoulé. Leurs yeux meurtris par le froid laissaient couler des larmes gelées. Sous leurs pas, on entendait le crépitement sec de la neige qui étincelait par ses milliers de flocons recroquevillés sur les pavés de la ville. Le paysage était figé, et une beauté propre à l’hiver émanait de l’endroit. À cette époque, on raconte que le ciel était très obscur. Aucune lumière ne s’en échappait. Très peu d’habitants osaient sortir la nuit. Et lorsque cette dernière devenait reine jusqu’au lever du jour, la plupart des quelques téméraires se cloîtraient chez eux. Mais un soir de février, alors que la neige s’amoncelait délicatement sur le sol, un miracle se produisit. Le vent tourbillonna en une folle farandole et emporta dans sa ronde les flocons. Ils s’envolèrent, virevoltèrent et atteignirent la cime des cieux. En un instant, il se figèrent et devinrent des étoiles toutes plus brillantes que jamais. Le ciel qui autrefois était sombre était devenu un spectacle féérique. Des constellations se profilaient à n’en plus finir. Depuis ce jour, même par grand froid nocturne, tous les Vaudreuil-Soulangeois admirent les beautés célestes.