Les Coteaux
Coteau-Station 1980
Juin 1980, je viens d’avoir 12 ans. En septembre, c’est le secondaire qui m’attend. Mais, cet été, je compte bien prendre le temps. Ma devise, m’amuser et en profiter pleinement. J’habite le petit village de Coteau-Station et j’ai décidé de partir en mission. Je dois faire plusieurs vérifications au sujet de certaines tribulations.
Car, voyez-vous, il y a des rumeurs qui circulent. Beaucoup d’habitants chuchotent et spéculent. Parait-il que lorsqu’arrive le crépuscule, je vous annonce ça sans préambule, les trains s’animent sur les rails. Ils font des bruits d’enfer, c’est la pagaille. Sans queue ni tête, ils se déplacent pour des retrouvailles.
Munis de papier, crayon, je me dresse une procédure. Me voilà fin prête pour une grande aventure. Affichant courage et une légère désinvolture, je sillonne les rues dans le clair-obscur. Je remarque que, tous les soirs, sur le quai de la gare, un homme, vêtu d’un chapeau et d’un paletot noir, semble flotter, pour finalement s’évaporer en empruntant le trottoir. N’est-ce pas difficile à croire?
Je m’enfonce ensuite dans les friches de la glacière laissée à l’abandon depuis des années-lumières. Marécage sombre d’eaux stagnantes, jonché de débris et de pierres. Cet endroit lugubre me donne un sentiment étrange qui me traverse la chair. En me dirigeant vers le cimetière situé au cœur du village, une vision ne m’inspire pas de bons présages. Une lueur verte rôde dans les parages laissant une odeur nauséabonde dans son sillage.
Plusieurs bâtiments ont aussi leurs histoires sombres. Au collège des frères, il y aurait apparitions de silhouettes quand vient la pénombre. Le couvent des sœurs, lui, cacherait des lamentations et des ombres. Seraient-ils tous deux habités par des fantômes en grand nombre? Donc, ce village est hanté! Vous me direz. Moi, j’ai passé mes vacances à tout vérifier. C’est maintenant votre tour d’investiguer. Laissez-vous emporter par votre imagination et votre curiosité.
Surtout, soyez vigilants!
Des choses peuvent se produire, on ne sait jamais quand.

