Rigaud
Les coyotes
Je lèche ma fourrure glacée en regardant la rivière, je frissonne à la brise froide. Espérant que l’hiver touche bientôt à sa fin, je m’approche d’une touffe de poils que j’observe avec prudence depuis quelque temps. Qu’est-ce que c’est ? Je me demande, mais soudainement les poils bougent. Surprise, je recule d’un bond et me retrouve face à face à un bébé coyote.
Le bébé pousse un cri de détresse et je vois qu’il a des blessures. Paniqué, je me mets à lécher ses plaies. Je prends le bébé dans ma bouche et je me dirige vers un abri ou je me souviens, ma mère m’amenait. À mon arrivée je vois des seaux dont j’ignore l’utilité. Je pose le bébé devant une poubelle, en espérant que quelqu’un le trouve. Je me sentais coupable de le laisser seul alors j’ai passé la nuit avec lui.
Je me réveille baigné par les rayons du soleil et la chaleur du bébé. Le bébé se réveille et commence à se lécher joyeusement. Dès qu’il me remarque, il lève les yeux. Nous nous observons pendant quelques instants, puis il laisse échapper un petit ronronnement. Je me lève et fais signe au bébé de me suivre. J’attends qu’il me suive et continue à marcher. Nous empruntons un sentier étroit que j’ai trouvé. Nous marchons jusqu’à ce que je trouve une clairière dans les bois. « Ma maison », dis-je au bébé lorsque nous nous installons dans un petit terrier que j’ai creusé il y a quelque temps. Je ne pensais pas garder le bébé aussi longtemps, mais en le voyant se sentir de plus en plus à l’aise avec moi, comment aurais-je pu faire autrement ? J’ai abandonné l’idée de le laisser, car pour l’instant, je l’avais près de moi, j’avais faim et lui aussi, sans doute.
Je dis au bébé coyote de me suivre car je vais lui apprendre à chasser. Je lui explique comment rester sous le vent pour que celui-ci ne transporte pas son odeur, et d’autres techniques de ce genre.
Nous trouvons un lapin qui court dans la neige et je dis au bébé de ne pas faire de bruit et de le suivre discrètement. Nous suivons la proie pendant un moment, jusqu’à ce qu’elle s’arrête soudainement. Nous continuons à marcher lentement en espérant que le lapin ne se retourne pas. Nous attrapons le lapin et commençons à festoyer.

