Saint-Clet
Les chroniques de Soulanges:
Le train fantôme
Par une journée d’automne, une jeune adolescente attendait ses amis à l’école secondaire dans l’aire de repos. Marie, une adolescente réservée, avait fait connaissance avec deux nouvelles amies cette année. Tout à coup, elle sentit quelqu’un la toucher doucement sur l’épaule. Elle se retourna et vit enfin ses deux amies, mais leur mine était inquiétante:
« Est-ce que tout va bien ? Vous paraissez effrayée, » demanda Marie à Stéphanie et Joséphine.
Ce fut Stéphanie qui répondit à Marie, de façon tragique:
« Marie, il faut qu’on te raconte quelque chose. Quelque chose d’inhabituel s’est produit dans le bus lorsque nous sommes arrivés au passage à niveau.»
Marie, assise près de son casier, écouta attentivement le récit:
« Comme à notre habitude, moi et Joséphine, on s’assoit toujours ensemble dans l’autobus. Nous aimons beaucoup nous réveiller mutuellement le matin, nous savons toutes les 2 de la difficulté à rester les yeux ouverts. Comme d’habitude, la conductrice d’autobus entame son trajet. Arrivée à un passage à niveau de Vaudreuil-Soulanges, elle ralentit pour vérifier les deux côtés de la voie ferrée avant de la traverser. Soudainement, l’autobus se retrouve coincé en plein milieu des rails, et les deux barrières se mettent à descendre avec un bruit assourdissant. Nous nous trouvions coincés entre les deux barrières de sécurité. Joséphine et moi nous sommes regardés, et nous avons commencé à nous inquiéter pour notre vie. En regardant par la fenêtre, une étrange sensation a soudainement traversé notre corps, et celui de tout le monde dans l’autobus. Et un bruit sourd, désagréable et lointain devint audible pour notre ouïe. Je fis la réflexion suivante, un train nous passait dessus, mais sans y avoir de train. Quelques secondes plus tard, les barrières se sont ouvertes et le bruit a disparu. L’autobus s’est rendu à l’école tout bêtement. Personne n’a parlé du reste du trajet. Marie, je pense qu’il y a un train hanté à Vaudreuil-Soulanges ! »
Malgré l’intrigue, les filles avaient très envie de mener une enquête sur l’existence d’un train fantôme dans la région de Vaudreuil-Soulanges.
Pendant la pause du dîner, Marie a eu une idée. Elle pourrait aller voir la seule personne dans l’école qui connait autant les histoires de fantôme qu’elle, la surveillante d’élèves. Ginette a raconté aux élèves l’histoire du fantôme de l’auditorium de l’école au début de l’année. Peut-être pourrait-elle aussi nous éclairer sur le mystère du train fantôme de Soulanges.
— Hey! Les filles, je pense savoir à qui vous pouvez parler de votre histoire avec l’autobus et le chemin de fer, ce matin.
— Ah ! À qui ? demande Joséphine, intriguée.
— Je pense que Ginette, la surveillante, pourrait éclairer notre lanterne. Qu’en pensez-vous?
— Je suis entièrement d’accord avec toi, Marie. Elle a déjà contribué à résoudre le problème du spectre de l’auditorium. Elle connait peut-être aussi celui du train, qui sait ? Venez, allons la voir ensemble.
Elle se dirigea là où Ginette surveillait. Ginette a 44 ans, mais elle en paraît beaucoup moins. Son teint foncé et ses belles pommettes roses lui donnent plutôt une allure de 36 ans. Quand elle vit arriver avec énergie les trois filles de première secondaire, elle savait qu’elles ne venaient pas juste pour lui dire bonjour, mais qu’elles semblaient munies d’une mission. Ce groupe de jeunes filles n’était pas impoli, arrogant, ni violent ; elles étaient plutôt curieuses et insolites. Elle avait mené une enquête approfondie sur le spectre de l’auditorium, découvrant ainsi son passé.
— Bonjour, les filles. Comment puis-je vous aider aujourd’hui ? Demande Ginette aux filles qui étaient devant elle.
— Salut, Ginette, comment vas-tu aujourd’hui? Demande simplement Stéphanie.
— Bon, que se passe-t-il encore ? répondit Ginette avec amertume.
— Et bien nous voulions juste te poser une question! répondit à son tour Stéphanie, qui voyait bien que la surveillante ne voulait pas avoir de courtoisie, mais aller droit au but.
— As-tu déjà entendu parler d’un train fantôme dans la région de Vaudreuil-Soulanges?
— Ah! Ce ne sont que des histoires de fantômes ! En effet, ma grand-mère m’a raconté cette histoire, car, parfois, lorsque j’allais dormir chez elle à Saint-Lazare, nous entendions les sirènes d’un train qui semblait venir de nulle part. Elle m’a dit que ce train devait s’étendre sur tout le chemin de fer de Soulanges. Il se pourrait que ce soit un vieux train du début du siècle qui aurait heurté un enfant qui ramassait des clous rouillés pour le fer sur la voie ferrée. Il aurait dévié de sa trajectoire par la suite, tuant les deux conducteurs, et pour les punir d’avoir heurté l’enfant, il aurait dû rouler sur les rails pour l’éternité.
— Wow! Quelle histoire! Stéphanie regarde les autres filles et dit : Je pense bien que nous avons résolu une autre histoire de fantôme.
— Bon, je dois me remettre au travail. N’oubliez pas que cette histoire est une légende, mais si vous entendez des sirènes de train sans les voir, il est possible que vous ayez croisé le train de Soulanges.
Les trois jeunes filles reprirent leur cours, heureuses d’avoir éclairci un autre mystère de fantôme.

