Amytis Kalantarmajd (12-18 ans)

Saint-Lazare

Il y a quelques années, ma meilleure amie Florence et moi sommes allées au parc de la Rivière à Vaudreuil-Dorion. Ce jour-là, c’était un vendredi 13 juillet. Il faisait extrêmement beau dehors. Nous avons fait une promenade en canot.

Lentement, les nuages gris commençaient à apparaître. Nous apercevions également une silhouette étrange au milieu de la rivière. J’ai senti quelques gouttes de pluie. Peu à peu, la pluie s’est transformée en orage. Soudain, nous avons découvert un trou. Florence a crié : « Notre canot va couler ! » Mais je me demandais : pourquoi la silhouette se rapprochait-elle de nous ? Malheureusement, notre canot s’est brisé. Nous étions coincées au milieu d’une rivière, sans rien à manger. Le vent soufflait en rafales et la silhouette se rapprochait de plus en plus. Nous avions très peur. Comment cet orage avait-il pu apparaître alors qu’il faisait beau ? Quelque chose n’allait pas…

Nous avons commencé à nager, en espérant que quelqu’un ait laissé un canot dans la rivière. Mais nous n’avons rien trouvé. Ce n’était pas normal qu’il n’y ait pas de terre ferme à proximité. Nous nous étions simplement promenées en canot pendant dix à quinze minutes. Plus inquiétant encore, la silhouette commençait à me terrifier.

Nous avons commencé à crier, mais la seule personne qui nous entendait était la silhouette, désormais à un mètre de nous. Pendant que je criais, j’ai remarqué que Florence restait muette. D’une voix tremblante, elle m’a doucement dit : « J’ai perdu ma voix. » Je me demandais si notre situation pouvait encore empirer…

Nous étions à côté de la silhouette. Florence et moi avions très peur et nous ne pouvions rien faire. Quelques minutes ont passé et notre monde était devenu noir. Nous étions devenues des silhouettes. C’était sombre et horrifiant.

C’était fini pour nous, nous n’étions plus normales. Tout le monde allait nous oublier. Nous n’étions plus que des ombres flottant sur la rivière. Au loin, on a sûrement entendu Florence crier d’une voix étouffée : « Adieu, monde réel… »