Juliette Montpetit (17 ans et +)

Les Coteaux

Bonjour,

Je suis le canal de Soulanges. Depuis plus d’un siècle, je traverse tranquillement la région de Vaudreuil-Soulanges, entouré d’arbres, de champs et du vent qui fait frissonner l’eau à ma surface. Je ne suis qu’un long ruban d’eau creusé par les humains, mais j’ai vu passer beaucoup de vies et de paysages. Je suis né à la fin du XIXᵉ siècle. Les humains m’ont creusé pour aider les bateaux à éviter les rapides puissants du fleuve Saint-Laurent. Pendant des années, j’ai servi de passage sûr entre les rives. Des navires marchands, des bateaux à vapeur et même de petites embarcations ont glissé lentement sur mon eau calme. Les écluses s’ouvraient et se refermaient, et je sentais le mouvement constant des voyageurs qui traversaient la région. Mais pendant que les humains travaillaient autour de moi, la nature ne m’a jamais quitté. Des saules et des érables ont grandi sur mes berges. Les oiseaux se sont installés dans les branches et les canards ont commencé à nager sur mon eau. Au printemps, la neige fondait et je me remplissais d’eau fraîche. L’été, le soleil faisait briller ma surface comme un miroir. L’automne, les feuilles rouges et dorées tombaient doucement sur moi. Et l’hiver, la glace me recouvrait parfois d’un long manteau blanc. Avec les années, j’ai vu Vaudreuil-Soulanges changer. Les villages ont grandi, les routes sont apparues et les voitures ont remplacé plusieurs bateaux. Un jour, les navires ont cessé de passer sur mon eau. On a construit un autre canal plus grand ailleurs sur le fleuve, et je suis devenu plus silencieux. Pourtant, je ne suis pas oublié. Aujourd’hui, les gens viennent marcher ou faire du vélo le long de mes berges. Ils regardent l’eau tranquille, les arbres et les oiseaux qui vivent près de moi. Certains s’arrêtent simplement pour profiter du calme de la nature. Moi, je continue d’exister au cœur de ce paysage. Même si je ne transporte plus de navires, je transporte encore des souvenirs. Le vent qui glisse sur mon eau, les feuilles qui tombent et les pas des promeneurs me rappellent que la nature de Vaudreuil-Soulanges est toujours vivante autour de moi. Je suis le canal de Soulanges, témoin silencieux du temps qui passe et de la nature qui continue de grandir sur mes rives.